« Citoyennes paradoxales »

Exposition

Commissaire d’exposition : Sonia Recasens, commissaire et critique d’art indépendante.

Fruit d’une collaboration entre les trois Fonds régionaux d’art contemporain
de la région Grand Est et le Palais du Tau – Centre des monuments nationaux, l’exposition est l’occasion pour le public de découvrir sous un angle inédit des oeuvres issues des collections du Frac Champagne-Ardenne, du Frac Alsace et du 49 Nord 6 Est-Frac Lorraine.
Conçue par la commissaire invitée Sonia Recasens, critique d’art spécialisée en histoire de l’art féministe, l’exposition Citoyennes paradoxales propose un parcours original dans l’ancienne résidence des archevêques de Reims pour sensibiliser le public à un enjeu d’actualité : la visibilité des artistes femmes dans les collections, les expositions et les ouvrages d’art. Une sélection d’une cinquantaine de photographies, installations, vidéos,
dessins, affiches et peintures côtoient exceptionnellement les tapisseries, les sculptures et autres trésors du palais du Tau.
Le mot de la commissaire de l’exposition, Sonia Recasens : « Organiser une exposition pour révéler et dénoncer la sous-représentation des artistes femmes, c’est être confronté à un dilemme : affirmer pour refuser la différence des sexes. Ce paradoxe sert de point de départ à l’exposition, qui emprunte son titre à l’ouvrage de Joan W. Scott La citoyenne paradoxale. Les féministes françaises et les droits de l’Homme (1998).
Dans cet ouvrage de référence, l’historienne américaine étudie le paradoxe du féminisme français tiraillé depuis la Révolution entre différence et égalité : se battre contre l’exclusion et pour l’universalisme, en faisant appel à la différence sexuelle, celle-là même que le féminisme tente d’éliminer.
C’est tout l’enjeu de l’exposition présentée au Palais du Tau dont l’organisation peut donner l’impression de marcher sur des oeufs comme nous y invite l’installation performative et éphémère de l’artiste Anna Maria Maiolino, Entrevidas (1981), réactivée dans la Salle du festin – une salle qui accueillait le festin du sacre du roi, dont étaient d’ailleurs exclues les femmes. L’opération est délicate en effet, car il s’agit non seulement de dénoncer la violence symbolique d’un monde de l’art dominé par une vision masculine de la création, tout en évitant d’essentialiser les oeuvres des artistes femmes par la production d’une catégorie surdéterminée par le genre. Un autre écueil serait de produire une exposition ethnocentrée,
ne donnant à voir que des artistes blanches et/ou occidentales. Une prédominance que dénonce l’artiste aborigène Tracey Moffatt dans son film Artist (1999), projeté dans la salle basse. Ce montage est rythmé d’images présentant les stéréotypes véhiculés par Hollywood sur la figure de l’artiste. Des stéréotypes qui imprègnent l’imaginaire collectif, mais aussi les
normes de représentation d’un monde de l’art ne comptabilisant en 2016 que 20 femmes au palmarès des 100 artistes les plus visibles dans le monde.
Embrassant pleinement son paradoxe, l’exposition ne suit aucun fil rouge thématique ou chronologique et propose au contraire un parcours libre, intuitif et subjectif pour donner à voir la diversité de la production des 28.4% d’artistes femmes contemporaines présentes dans les collections des trois FRAC de la région Grand Est*. Citoyennes Paradoxales réunit une trentaine d’artistes françaises comme Marie-Ange Guilleminot, Anita Molinero et internationales comme Ruth Ewan, Dorit Cypis, confirmées comme Miriam Cahn, Françoise Quardon ou émergentes comme Gaëlle Choisne, Julie C. Fortier, historiques comme Gina Pane, Nil Yalter ou tombées dans l’oubli comme Barbara Kasten et Léa Lublin, et des figures de l’art féministe comme les Guerrilla Girls ou Martha Rosler pour parler avec poésie, engagement et humour de féminisme, de domesticité, d’oppression, de « body shaming », d’exil, de représentation, de domination, de spiritualité… Des questions, qui résonnent particulièrement avec les enjeux secouant nos sociétés actuelles aux prises avec une crise migratoire, une montée des extrêmes, ainsi qu’une exceptionnelle libération de la parole des femmes sur les violences sexuelles, le harcèlement et les discriminations... Participant à cet élan d’émancipation, les créatrices du monde entier, du Festival de Cannes au Festival d’Avignon en passant par les Rencontres Arles, revendiquent l’égalité en matière de production, de rémunération et de diffusion.
Dans ce contexte de tensions et de transformations, Citoyennes paradoxales s’affirme comme une exposition, qui, pour paraphraser la pionnière du féminisme Olympe de Gouges, « n’a que des paradoxes à offrir et non des problèmes faciles à résoudre », espérant modestement contribuer à une prise de conscience collective pour que les choses changent. Enfin ! »

* 21,4% Frac Alsace – 26.8% Frac Champagne Ardenne –37% 49 Nord 6 Est - Frac Lorraine.

Guerrilla Girls, Reinventing the "f" word - feminism! 1985-2012
Do Women Have to be Naked to Get Into the Met. Museum?, 2012
Collection 49 Nord 6 Est – Frac Lorraine, Metz (FR)
© Guerrilla Girls

Mïrka Lugosi, Persistance Romantique, 2013,
Crayon graphite, crayon de couleur et gouache sur papier, 39 x 29 cm,
Collection Frac Alsace

Miriam Cahn, Brutalich, 2011,
Huile sur toile, 59 x 70 cm,
Collection Frac Alsace,
© Miriam Cahn

Claude Batho, Le linge mouillé, 1980,
Photographie noir et blanc, 30 x 21 cm,
Collection Frac Alsace

Infos pratiques


Accès libre : Non

Accès handicapé : Oui

Sur Réservation : Non

Contact / Réservation

Organisateur : Palais du Tau et FRAC

Téléphone : 03 26 47 81 79

email : palaisdutau@monuments-nationaux.fr

site web :

Tarifs

Plein tarif : 8 €
Tarif réduit : 6.50 €

Gratuité
Moins de 18 ans (en famille et hors groupes scolaires)
18-25 ans (ressortissants de l’Union Européenne et résidents réguliers non-européens sur le
territoire de l’Union Européenne)
1er dimanche du mois de janvier à mars et de novembre à décembre
Personne handicapée et son accompagnateur,
Demandeur d’emploi, sur présentation d’une attestation de moins de 6 mois, bénéficiaires
RSA, aide sociale

Date et horaires

Du 11-10-2018 au 09-12-2018

Du mardi au dimanche, de 9h30 à 12h30 et de 14h à 17h30

Lieu

Palais du Tau
2 place du Cardinal Luçon
51100 Reims
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